Poème · 27 octobre 2026

Je défais les jours…

Je défais les jours… De la semaine, j’ôte lundi, qui m’a griffée. Je ravale mardi, comme un sanglot au fond de la gorge.

Je défais les jours…

De la semaine,
j’ôte lundi, qui m’a griffée.
Je ravale mardi,
comme un sanglot au fond de la gorge.

Mercredi, je l’ai plié en quatre,
pour cacher ce qui me faisait mal.
Jeudi n’a jamais vraiment eu lieu,
trop de peine.
Et vendredi s’est effacé,
quelque part entre l’absence et le silence.

Les yeux baissés,
je serre mon crayon.
Une larme au bord des cils,
j’écris quelques mots de travers.

Et tout en bas de la page,
je rature mon chagrin.

Mais il reste demain.

Je l’écris sans virgule,
sans point,
pour ne pas l’arrêter.

Demain, je sortirai mes crayons de couleur,
je ferai danser le jaune avec le bleu,
je mettrai du rose aux joues de mes rêves,

et sur la page blanche,
je laisserai l’espoir dépasser les bords.

Mais aujourd’hui…

Aujourd’hui,
je laisse le temps se poser.
Je dépose mes peurs,
je ferme doucement le cahier.

Aujourd’hui, je rêve,
et je porte mon fils dans mes bras.

Son souffle contre mon cœur,
ses petites mains blotties dans les miennes,
et dans ses yeux,
mille raisons d’aimer la vie.

Je ne sais pas encore
ce que demain me réserve.

Mais ce soir,
dans le creux de mes bras,
j’en tiens déjà
la plus belle promesse.

Rachel Luk

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